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Depuis 24, la bonne santé du bâtiment est surtout due au logement : en 26, les mises en chantier dépassent encore les niveaux record des an nées précédentes. Avec 421 logements mis en chantier, 26 est la meilleure année depuis plus de 25 ans. La production neuve du bâtiment non résidentiel s’accroît encore de 8,5 % en volume, après une très bonne année 25 (+ 9,6 %). L’ensemble des travaux d’entretien-amélioration est soutenu par le maintien de la TVA à taux réduit et les facilités d’accès au crédit. Les travaux publics se maintiennent à un niveau élevé. La production de l’ensemble de la construction croît ainsi de 3,9 % en volume. Pour la dixième année consécutive, la construction crée des emplois salariés : 54 7 emplois en 26, soit + 4, % par rapport à 25. Elle emploie plus du cinquième de l’ensemble des travailleurs intérimaires.
La production de la branche construction progresse de 3,9 % en 26 après 4,1 % en 25 et 2,5 % en 24 (tableau 1).
En 26, la construction a été créatrice nette d’emplois pour la dixième année consécutive. Avec 54 7 nouveaux emplois salariés, auxquels s’ajoutent 7 2 nouveaux emplois intérimaires, ce sont 62 emplois (intérim compris) qui ont ainsi été créés, après 58 en 25 (graphique 1). Au regard de la réduction de l’emploi industriel (– 1,9 % en 26), la construction reste un secteur dynamique.
D’après les enquêtes de conjoncture dans le bâtiment, en décembre 26, 28 % des entrepreneurs déclarent rencontrer des difficultés de recrutement. Depuis 24, cette proportion est stable ; ils n’étaient que 15 % à déclarer des difficultés d’embauche en 23.
Les intérimaires représentent 8,5 % des employés de la construction (8,3 % en 25). En 26, leur nombre progresse vivement (+ 5,8 %). La construction concentre 21 % du total des emplois d’intérimaires dans l’économie.
| Construction | Valeur 25 milliards d'euros | Évolution 26 (en %) | Valeur 26 milliards d'euros | |
|---|---|---|---|---|
| Volume | Prix | |||
| Production au prix de base | 25,9 | 3,9 | 5,7 | 226,1 |
| TVA | 19,2 | 4, | 6,7 | 21,3 |
| Autres impôts sur production | ,7 | 2,7 | ,1 | ,8 |
| Total | 225,8 | 3,9 | 5,8 | 248,1 |
| Investissement, dont : | 167,5 | 4,3 | 6,2 | 185,6 |
| Sociétés non financières | 45,9 | 6,8 | 6,4 | 52,2 |
| Administrations publiques | 43,7 | 1,1 | 6,3 | 47, |
| Ménages | 7,5 | 4,9 | 6,1 | 78,5 |
| Consommation finale | 38, | 2,4 | 4,5 | 4,6 |
| Consommations intermédiaires | 21,4 | 3, | 4,1 | 22,9 |
| Variations de stock | – 1, | – 4,3 | – 1,6 | – 1, |
Source : Insee.
* Y compris les logements en résidence (cité universitaire, foyer pour personnes âgées, hôtel, motel, etc.).
Source : Ministère de l’Écologie, du Développement et de l’Aménagement durables, DAEI-SES : SITADEL.
Note : les logements individuels groupés sont des lotissements.
Source : Ministère de l’Écologie, du Développement et de l’Aménagement durables, DAEI-SES : SITADEL.
En 26, 421 logements ont été mis en chantier. C’est un nouveau record depuis plus de 25 ans, après une très bonne année 25 (41 logements mis en chantier). Les mises en chantier progressent faiblement pour les logements individuels (+ ,8 %) alors qu’elles augmentent plus vivement dans l’habitat collectif (+ 4,9 %). Ce ralentissement (+ 2,6 %) des mises en chantier (graphique 2), qui atteignent toutefois un niveau exceptionnel, succède aux fortes progressions des années 24 (+ 15,3 %) et 25 (+ 13,1 %).
La demande en bâtiment est telle que les délais des chantiers s’allongent par manque de main-d’œuvre : en 26, ils atteignent en moyenne 16 mois, soit 2 jours de plus qu’en 25. Les mises en chantier en date réelle (définition) s’étalent davantage dans le temps, néanmoins les surfaces mises en chantier (graphique 3) progressent vivement en 26 (8,2 % après + 9,5 % en 25). Avec 26,9 millions de m2 nouveaux en 26, les maisons individuelles restent prépondérantes (7 %) dans la construction de logements ; cependant l’habitat collectif progresse fortement (+ 11,9 %) en surfaces construites. La demande de logements exprimée en 26 à travers les dépôts de permis de construire ne pourra être satisfaite qu’en 27 au plus tôt. Elle requiert encore des productions importantes de surfaces de logements en 27 et au début de 28.
Plusieurs facteurs soutiennent la construction de
Enfin, les dispositifs de soutien à l’investissement locatif contribuent majoritairement à la construction de logements collectifs. En particulier, les nouveaux dispositifs Borloo (encadré 1) s’accompagnent d’amortissements fiscaux incitatifs et d’un environnement bancaire porteur.
D’après les autorisations de permis de construire délivrées en 26 et début 27, le nombre de
Sources : Insee, Ministère de l’Écologie, du Développement et de l’Aménagement durables.
En 26, les prix des
Dans le même temps le prix dans l’immobilier ancien en centre ville a augmenté encore plus : + 118 % pour les maisons anciennes et + 136 % pour les appartements anciens.
L’offre de crédit reste abondante, à des taux d’intérêt modérés. Les banques offrent maintenant des crédits sur 5 ans pour les moins de 25 ans et sur 4 ans pour les autres jeunes actifs. Cela permet à ces nouvelles générations d’acheter un logement sans apport personnel.
Cependant, le rajeunissement des propriétaires accédants et la
Source : Ministère de l’Écologie, du Développement et de l’Aménagement durables, DAEI-SES : SITADEL.
En 26, les surfaces de bâtiments non résidentiels commencés augmentent de 2,1 millions de m2 (+ 5,7 %), après une stabilité en 25 (– ,3 %) et une croissance plus modérée en 24 (+ 3,1 %). Cette reprise cumule les mises en chantier de l’année en cours et celles des années précédentes (graphique 5).
La commande publique de construction neuve de bâtiments non résidentiels atteint en 26 un niveau record : la construction de bâtiments de santé (4,2 millions de m2 ; + 22,4 %), d’enseignement et de culture (4,2 millions de m2 ; + 6,3 %) est très dynamique. Au total, les mises en chantier liées à la commande de l’État et des collectivités locales augmentent de 13,8 % alors qu’elles avaient diminué en 25 (– 2,5 %).
L’activité d’entretien-amélioration du logement continue de bénéficier du maintien d’un taux de TVA réduit et des facilités d’accès au crédit pour les ménages : elle augmente de + 1,7 % en volume (après + 1,5 % en 25).
L’entretien de bâtiments non résidentiels évolue au même rythme (+ 1,7 % en volume). Les administrations publiques soutiennent l’activité avec la hausse de l’entretien de bâtiments scolaires, d’établissements de santé et de bâtiments consacrés à la culture et aux loisirs.
La croissance en volume de l’entretien-amélioration bénéficie à l’ensemble des entreprises de la construction, quelle que soit leur taille et quel que soit le type de bâtiment concerné.
Les travaux publics continuent de bénéficier d’une série de grands travaux entrepris ces dernières années. Pour ne citer que les plus emblématiques, il s’agit notamment du TGV-Est débuté en 22 ou de la ligne ferroviaire à grande vitesse Perpignan-Figueras commencée en 25. Ces deux réalisations ont été inaugurées en 27.
L’investissement des administrations publiques augmente en 26. Depuis la loi relative à l’organisation décentralisée de la République de 23, les collectivités territoriales disposent de davantage d’autonomie financière pour investir. Elles réalisent plus de 8 % de l’investissement des administrations en travaux publics.
Le secteur privé joue un rôle important dans l’investissement en travaux publics, il en réalise plus de 5 % depuis 22. Eiffage, le concessionnaire du viaduc de Millau, a ainsi participé à la mise en place de la ligne ferroviaire à grande vitesse Perpignan-Figueras dans le cadre d’un partenariat public-privé.
Les nouvelles mesures apparues en 26
La loi du 13 juillet 26 portant engagement national pour le logement réforme en particulier le dispositif Robien créé en 23.
Pour bénéficier des dispositifs Borloo ou Robien, le logement (neuf ou réhabilité) doit être loué nu pendant 9 ans à titre de résidence principale. Le loyer au m2 est plafonné et dépend de la zone géographique d’implantation du logement.
On distingue les formes suivantes d’aides à l’investissement locatif :
- le dispositif Borloo dans l’ancien s’applique à partir du 1er octobre 26. Il a pour finalité d’aider les ménages aux revenus modestes ou moyens à se loger dans le parc privé existant. Le propriétaire s’engage à louer son logement à un prix inférieur au prix du marché à des locataires sous conditions de ressources, il bénéficie d’une déduction fiscale ; le propriétaire peut bénéficier d’une subvention de l’Agence nationale pour l’amélioration de l’habitat pour des travaux ;
- le dispositif Borloo neuf ou populaire s’applique à partir du 1er janvier 26. Il vise à accroître l’offre locative dans les agglomérations où elle est la plus tendue et à répondre aux besoins des ménages modestes. Il comprend un amortissement fiscal (plafonné à 65 % du montant de l’investissement sur 15 ans) et une déduction fiscale de 3 % sur les revenus bruts ;
- le dispositif Robien recentré s’applique à partir du 1er septembre 26. Il cherche à accroître l’offre locative en agglomération, avec un amortissement fiscal (plafonné à 5 % du montant de l’investissement sur 9 ans) ; le propriétaire peut louer sans limite de revenus du locataire ;
- le dispositif Robien classique (ex dispositif Robien) s’appliquait jusqu’au 31 août 26 : il concernait les logements neufs ou réhabilités. Il n’y avait pas de condition de ressources pour le locataire.
De plus, le prêt à % a remplacé en 25 le prêt à taux zéro (PTZ). Il permet aux nouveaux propriétaires de financer une part de l’acquisition ou de la construction de leur résidence principale. Depuis 25, il permet de financer l’achat dans l’immobilier ancien. En janvier 26, les plafonds de ressources ont été fortement augmentés en « zone A » – où les prix de l’immobilier sont les plus élevés. Le remboursement du prêt à % est plus long pour les ménages modestes afin de moins peser sur leur budget. Il est accordé en fonction des ressources de l’emprunteur et de la composition de la famille. Les plafonds de ressources sont différenciés selon trois zones géographiques : Paris et sa proche banlieue, le reste de l’Île-de- France et les autres régions. Il complète les autres prêts bancaires. Les intérêts sont pris en charge par l’État.
Enfin, la TVA à 5,5 % applicable aux dépenses d’entretien et les subventions de l’Agence nationale pour l’amélioration de l’habitat sont maintenues.
En 26, la construction de logements a été dynamique dans plusieurs pays d’Europe. En Belgique, en Italie, aux Pays-Bas, au Danemark, en France et en Allemagne la croissance a dépassé 7,9 %. En revanche, en Finlande, en Suisse, en Hongrie et en République tchèque le nombre de logements achevés est resté au même niveau qu’en 25 alors qu’il a diminué en Espagne (– 1,2 %) et au Portugal (– 14,6 %).
L’Espagne s’essouffle
En Espagne, 66 logements ont été terminés en 26, soit une légère diminution par rapport à 25 (668 ). Mais le nombre de logements invendus est important (3 ). Comme 88 % des ménages sont propriétaires de leur logement, l’offre de logement s’adresse prioritairement aux ménages qui ne possèdent pas encore de logement et à ceux qui désirent acquérir une résidence secondaire.
En 26, les prix ralentissent (+ 6,5 %), alors qu’en 25 ils avaient fortement progressé (+ 14 % après 17 % en 24). Depuis 2, les prix à la construction ont augmenté en Espagne (+ 6 %) deux fois plus vite qu’en France (+ 26 %). Les prix élevés de l’immobilier et les hausses des taux d’intérêt (3,9 % 26, 3,5 % en 25) ont découragé les ménages d’investir à partir du quatrième trimestre 26.
Le Royaume-Uni repart
En 26, le nombre de logements terminés au Royaume-Uni repart (+ 4, %) après avoir faiblement augmenté en 25 (+ 1,9 %). En 26, les prix de l’immobilier augmentent de 8,5 %, alors que de 22 à 24, ils croissaient à un rythme annuel de 2 %. En 25, les prix avaient ralenti (5,3 %).
Reprise en Allemagne
En 26, 218 logements ont été achevés en Allemagne, soit une progression de 7,9 % après le fort recul de 25 (– 14,9 %). Cette reprise s’accompagne d’une modeste
| en % | ||
| Pays | 25/24 | 26/25 |
|---|---|---|
| Belgique | 5,1 | 14,3 |
| Italie | 9,2 | 12,8 |
| Pays-Bas | 2,6 | 11,9 |
| Danemark | , | 11,1 |
| France | 12,3 | 11, |
| Allemagne | –14,9 | 7,9 |
| Suède | 17, | 7,1 |
| Irlande | 12,1 | 4,4 |
| Slovaquie | 18,3 | 4, |
| Royaume-Uni | 1,9 | 4, |
| Norvège | 25, | 3,4 |
| Pologne | 5,6 | 2,4 |
| Autriche | ,5 | 1,2 |
| Finlande | 1,3 | ,9 |
| Suisse | 2,7 | , |
| Hongrie | – 6,4 | , |
| République tchèque | 1,9 | – ,6 |
| Espagne | 5, | – 1,2 |
| Portugal | – 6,9 | – 14,6 |
| Ensemble | 3,9 | 7,1 |
Source Insee
